La roue

Principe de la géométrie de la roue de vélo

Qu’est ce que le voile ?

La roue est voilée quand elle n’est plus plate, dans le plan vertical.
Un voile léger n’altérera pas la stabilité du vélo, mais rendra le freinage irrégulier, avec des risques de blocage. Pour les vélos équipés de freins à disque ou à tambour, ou pour les roues d’une remorque, le voile est tolérable.

Attention, d’autres défauts de jante que le voile peuvent gêner le freinage: le saut, et la déformation locale du flanc de jante.

Principe:

  • le voile est un défaut de planéité de la jante (la roue n’est plus plate)
  • le saut est un défaut de circularité de la jante (la roue n’est plus ronde)
  • En tendant ou détendant les rayons, on agit sur la forme de la roue
  • En vissant l’écrou (sens des aiguilles d’une montre, en regardant depuis l’extérieur de la jante), on tire la jante du coté d’ou part le rayon (les rayons partent du moyeu, flasque gauche ou droit).
  • Procéder par retouches successives, par quarts ou demi-tours.
  • Si le voile excède 4 mm, la roue sera difficilement dévoilable sans tendre exagérément certains rayons qui casseront rapidement.
  • Pour dévoiler, il est nécessaire qu’il n’y ai pas de jeu dans le moyeu.

Contrairement à ce que l’on peut penser, la jante n’est pas poussée par les rayons, mais au contraire, chaque rayon tire cette jante vers le moyeu, centre de la roue. Et en faisant varier cette tension individuellement sur chaque rayon, on joue sur la géométrie de la roue.

Cause des roues voilées et sautées:

Les trous, les pierres, les trottoirs, le sous-gonflage, les rails de tramway, les parcs à vélo où le vélo est tenu par la roue.

Matériel :

  • Une clef à rayon: petit outil peu coûteux (2 €), mais indispensable; ne rien utiliser d’autre (pas de pinces…) qui abîmerait les écrous.

    Ci contre, 3 modèles. Les 2 modèles à oreilles en plastique sont équivalents, le rouge est de marque Tacx. Ils sont ergonomiques, maintiennent bien l’écrou de rayon et ne l’abîme pas.
    Le troisième modèle est en acier, et permet de travailler avec plusieurs tailles d’écrou de rayon.
    Cependant, il est peu pratique car il oblige à chercher la bonne taille à chaque utilisation, et son ergonomie est médiocre.

  • Un support de roue avec pointe de touche, facultatif.

    Celui présenté sur la photo, de marque Tacx, est surtout fait pour les roues de diamètre 26, 28 pouces et 700mm (coût : à partir de 40 €).
    Les 2 branches peuvent s’écarter pour accueillir des moyeux de différentes largeurs, avant et arrières.
    Une jauge en forme de U permet d’apprécier et corriger le saut.

  • A défaut, laisser la roue sur le vélo et utiliser les patins de frein comme pointe de touche, ou un stylo marqueur.

Dévoilage d’une roue de vélo

La technique du dévoilage peut s’appliquer sur toute roue à rayons, pour des voiles limités. On peut considérer qu’un voile de quelques millimètres est rattrapable, mais ce n’est pas une règle. En effet, les rayons à tendre peuvent déjà être très tendus, et ceux à détendre déjà très détendus. Sans avoir l’allure de la roue ci-contre (photo), certaines roues ne seront récupérables. Il est surprenant de voir la forme en 8 que prennent certaines jantes lors d’un démontage complet, alors qu’elles semblaient peu voilées.

Le dévoilage sera également inefficace pour des déformations très localisées.

En atelier, on peut utiliser un support de dévoilage. Y fixer la roue. On peut laisser le pneu en place.

Démonter la roue. Sur la photo ci-contre, les flèches montrent les corrections à apporter. Cependant, il est peu probable que cette roue soit récupérable.

Vérifier le jeu du moyeux. S’il existe un jeu, régler celui-ci avant tout dévoilage. Vérifier aussi la tension de tous les rayons, et resserrer les rayons détendus. Cette détection se fait en pinçant les rayons deux par deux. Pour savoir comment tendre un rayon, par serrage de son écrou, voir plus loin.

Faire tourner la roue, visser les pousseurs de pointes de touches jusqu’à faire affleurer ces dernières. Repérer le, ou les secteurs de jante touchant les pointes de touches (photo).

La photo ci-contre représente une jante en coupe, avec un couple de rayons (cliquer sur l’image pour l’agrandir). On doit ramener la jante vers la droite. En vissant l’écrou du rayon 1 (le sens de vissage est représenté en rouge), on tire la jante vers la droite, ce qui corrige le voile, mais aussi vers le centre de la roue, ce qui génère un saut). Les forces correspondantes sont représentées en rouge.

Pour annuler ce saut, il faut dévisser le rayon 2, représenté en vert. Ceci aura pour effet de libérer la jante vers l’extérieur (annulation du saut), et de relacher la tension vers la gauche, ce qui laisse la jante partir à droite, encore un peu plus.

Le dévoilage est une technique empirique, le résultat final s’obtenant progressivement par actions répétitives. On peut aussi agir sur trois rayons, un demi-tour de vissage sur le rayon ‘tireur’, un quart de tour de dévissage sur chacun des 2 rayons encadrant le tireur.

Par exemple, en s’aidant de la photo, si on veut rattraper le voile représenté par la flèche bleue, et ramener la jante selon la direction de la flèche orange, agir sur les écrous de rayon selon les flèches rouge et verte.

Si le voile est moins localisé, il peut être nécessaire d’agir ainsi sur un plus grand nombre de rayons.

Répéter ces opérations pour rattraper les voiles de chaque coté de la jante . Procéder ainsi d’un coté puis de l’autre jusqu’à suppression des défauts.

Procéder par action alternativement de chaque coté de la roue. Par exemple, en s’aidant de la photo, si on veut rattraper le voile représenté par la flèche bleue, et ramener la jante selon la direction de la flèche orange, agir sur les écrous de rayon selon les flèches rouge et verte.

Si le voile est moins localisé, il peut être nécessaire d’agir ainsi sur un plus grand nombre de rayons.

Répéter ces opérations pour rattraper les voiles de chaque coté de la jante . Procéder ainsi d’un coté puis de l’autre jusqu’à suppression des défauts.

Pour éviter toute confusion, les photos montrent comment visser (tendre les rayons) et dévisser (détendre les rayons) les écrous.

Si le rattrapage du voile a été important, il se peut que le rayon traverse entièrement l’écrou et dépasse à l’intérieur de la jante. La danger est alors pour la chambre à air.

Araser avec une meuleuse d’angle.

Le dévoilage peut également se faire directement sur le vélo, pneu en place. Cette technique peut être utile en randonnée, pour un voile léger. Le principe est le même qu’énoncé ci dessus. La technique pour retourner le vélo en appui sur son guidon et sur la selle.

On peut se fabriquer un support de dévoilage à partir d’une vieille fourche sur laquelle on aura percé et taraudé les fourreaux. Y visser 2 vis qui serviront de pointes de touche.

La jante montrée ici en coupe est de type à simple paroi. Elle provient d’un vélo de course.

En regardant mieux, on peut remarquer la finesse des bandes de freinage, usées à la limite du perçage.

La présence de boue (VTT en période pluvieuse), ou encore des petits gravillons ou copeaux métalliques incrustés dans les patins favorisent une usure prématurés des flancs de jante.


Supprimer le saut d’une roue de vélo

Le dé-sautage est une technique permettant, dans certains cas, de corriger une roue. Il faut cependant savoir qu’un choc violent aura engendré une déformation permanente de la roue difficilement réparable.

La technique exposée ici s’appliquera donc à un saut ‘d’usure’. La photo ci-contre montre un saut négatif, très prononcé, irrécupérable. Les sauts visuellement repérables sans outillage sont rarement récupérables.

Pour le dé-sautage, le pneu, ainsi que la chambre à air, doivent être retirés.

Installer la roue sur le support d’atelier, positionner la jauge de saut contre la jante et faire tourner la roue( photo 2).

Repérer ainsi les secteurs touchant la jauge (saut positif), ou au contraire, les secteurs en creux (saut négatif), photo 3.

Dans le cas d’un saut négatif, il faut relacher la tension des rayons sur le secteur impacté, donc dévisser les écrous, et ce par paire gauche-droite.

Si les écrous tournent librement, cela indique que les rayons ne sont plus tendus. On peut en déduire que le saut résulte alors d’une déformation permanente, irrécupérable.
D’une façon générale, les sauts négatifs ne sont corrigeables que s’ils sont légers.

Sur la photo 4, le saut a été volontairement exagéré, pour le rendre plus évident. Comme dit plus haut, un tel saut n’est pas rattrapable.

Dans le cas d’un saut positif (photo 5), visser d’un quart de tour les rayons gauche et droite du secteur pour redonner la circularité à la roue.

contrôler le saut, et re-corriger si besoin.

Comme pour le dévoilage, la technique est empirique. Il faut donc recommencer l’opération jusqu’à un résultat satisfaisant.La roue ayant retrouvé circularité et planéité, retirer le ruban de fond de jante.Une fois que la roue a retrouvé sa circularité, vérifier que le dé-sautage n’a pas généré un voile, un voile léger étant très probable. Corriger ce voile comme indiqué dans la page ‘dévoilage’, et re-vérifier le saut.

Araser les extémités de rayons qui dépassent à l’intérieur de la jante et qui pourraient percer la chambre à air. (Outil: pince coupante et lime, ou meuleuse).

Il est possible de procéder au dé-sautage directement sur le vélo, en ayant débarrassé la roue du pneu et de la chambre à air. Une tige fixée sur les haubans avec un élastique permettra de situer l’endroit et l’importance du saut.


Réparation d’une jante fortement voilée

Si le dévoilage normal, tel que présenté en page ‘dévoilage d’une roue’ est insuffisant, la jante est sans doute trop voilée. Comme tout voile, il s’agit d’une déformation permanente, mais d’ampleur trop importante pour être rattrapée par la tension des rayons. La solution est de remplacer la jante, ce qui est parfois plus coûteux que l’achat d’une roue neuve.

Il est cependant parfois possible de tenter un redressage. Cette opération n’est pas garantie, et peut même aggraver le défaut. Mais la jante étant de toutes façons inutilisable, autant essayer.

Il doit être possible de le faire avec une roue rayonnée, mais nous le déconseillons.

Sur une surface plane, poser la jante à plat. Elle doit reposer sur la plus grande partie de sa circonférence ( = 2 x Pi x Rayon, mais on s’en moque), et décoller en un ou 2 endroits. Si elle repose mal sur le sol, la retourner. A l’aide d’un marqueur, repérer le début et la fin du décollage, et marquer d’un flèche le point culminant.

Les défauts étant ainsi marqués, passons à l’étape de correction. Poser la jante sur un établi plan, et l’y fixer en trois points, ou plus, avec des serre-joints, en intercalant des planchettes de bois afin de ne pas écraser ou marquer les flans. La jante doit être posée avec le voile orienté vers le haut.

La partie qui décollait doit dépasser de l’établi, les marques de début et de fin de décollage étant au bord de l’établi (flèches bleues). A ces marques, mettre 2 serre-joints, et un troisième à l’opposé du point culminant de voile (flèches vertes).

La partie saine de la jante étant bien maintenue, appuyer fortement sur le voile vers le bas (flèches oranges). Retirer la jante pour mesurer la correction. Tant qu’elle est insuffisante, c’est à dire qu’il subsiste un voile de plus de 2 mm, recommencer l’opération. Cette méthode empirique demande un coup de main.

Dans l’exemple de nos photos, nous avons pu réduire un voile de 10 mm à 1 mm.

Ensuite, il reste à remonter la jante sur ses rayons, et à la dévoiler.


Redresser un bord de jante déformé

Une pierre que l’on a pas pu éviter en VTT, une bordure de trottoir ou un nid de poule peuvent endommager les jantes de nos vélos.
On peut dévoiler et dé-sauter une jante, mais si la déformation est très localisée, le dévoilage n’y pourra rien.

Sur l’exemple des photos, la jante, en acier, est déformée localement suite à un choc (trottoir). Les conséquence sont un point dur au freinage, avec une tendance au blocage, et une usure très localisée de la jante. La jante n’est pas condamnée pour autant.

Les jantes en acier sont plus sujettes aux déformation, l’acier étant plus ‘mou’ que l’aluminium. On voit sur les photos l’impact du choc. A cet endroit, la jante est écartée, parfois des 2 cotés. Dans ce cas, le dévoilage n’est pas la solution. Cette déformation sera souvent accompagnée d’un saut irrattrapable.

Pour redresser la jante, démonter la roue; il n’est pas nécessaire de démonter le pneu. Poser la jante sur le mors fixe d’un étau, ou une enclume, en intercalant, si possbile, une planchette de bois dur ou d’aluminium.

Frapper avec un maillet. Sur la photo, un marteau (de charpentier) à été utilisé. Le redressage sera plus rapide avec un marteau, mais le risque de marquer la jante est aussi plus grand. Il vaut mieux, donc, utiliser un maillet. Un maillet de campeur conviendra.

Donner de nombreux petits coups, avec la main assez proche de la masse du marteau. Cela donnera plus de précision et moins de force. Procéder empiriquement, en contrôlant visuellement souvent l’évolution.

On peut aussi intercaler une planchette de bois dur, ou une plaque d’aluminium entre jante et marteau.

Cette technique s’applique également aux jantes alu.


Rayonnage d’une roue

Ce chapitre ne traite pas des roues à bâtons, quelles soient en aluminium (motos), en carbone (vélo compétition), en plastique (Bicross). Par contre, le rayonnage tel qu’utilisé sur les vélos, est aussi utilisé sur les voitures anciennes, les roues étant appelées ‘roues fil’, sur les motos, et même les sulky du trot attelé.

Le rayonnage d’une roue est une opération technique à réserver à ceux qui ont déjà une expérience du dévoilage et du changement de rayons cassés.

Le rayonnage prend environ 2 heures, les professionnels atteignant les 15 minutes, dévoilage compris ! Nous conseillons d’opérer dans un endroit calme, car toute erreur dans la première phase implique de recommencer le travail au début.

S’il s’agit de remplacer une jante abîmée par une nouvelle, en conservant rayons et moyeu, il est possible de le faire sans dé-rayonner, ceci est expliqué dans la page ‘remplacement d’une jante’.

Comme dit dans la page ‘dévoilage’, la jante n’est pas posée au bout des rayons, mais tirée par chacun de ceux ci. C’est la combinaison de la tension de chaque rayon qui garanti que la roue est ronde, plate, et centrée sur le moyeu et dans l’axe du cadre. Rien à voir avec la roue de brouette !

Quel est l’intérêt d’une telle broderie ?

  • la roue rayonnée sera plus légère (sauf face au carbone),
  • plus confortable, les rayons absorbent une partie des chocs,
  • réparable, chacun de ses élément peut être remplacé, et sa géométrie peut être corrigé (voile)
  • d’un bon rendement: la roue n’absorbe pas l’énergie de pédalage

C’est pourquoi elle demeure la panacée, malgré son âge (un siècle et plus). Les coureurs professionnels ne lui préfèrent la roue à bâtons en carbone que pour les ‘contre la montre’.

Le nombre de rayons dépend du diamètre de la roue et de l’utilisation. Par exemple, une roue de 700 comptera généralement 36 rayons, ou moins pour des vélos de compétition: 32, 28 ou 24. On trouve aussi des roues ayant 40 rayons pour supporter des trajets cassants, ou des charges importantes. Comme on peut le remarquer, ce nombre est toujours un multiple de 4, le rayonnage est constitué de 4 nappes:

  • nappe gauche, rayons partant vers la gauche (têtes des rayons sur l’intérieur du moyeu),
  • nappe gauche, rayons partant vers la droite (têtes des rayons sur l’extérieur du moyeu),
  • nappe droite, rayons partant vers la gauche (têtes des rayons sur l’intérieur du moyeu),
  • nappe droite, rayons partant vers la droite (têtes des rayons sur l’extérieur du moyeu)

Rayonnage radial :

En effet, si on observe une roue, on voit que les rayons ne partent pas radialement du moyeu, mais plutôt tangentiellement, tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite. Il est possible de rayonner une roue radialement, aucun rayon ne se croisant. L’intérêt est la simplicité de montage, et surtout un gain de poids car les rayon sont plus courts. Mais la roue sera moins confortable car les chocs seront transmis radialement. Ce rayonnage ne se rencontre que sur les roues avant, non motrices, et avec un freinage sur la jante. Sur une roue arrière, le couple de pédalage cisaillerait le rayon au niveau de sa tête. Avec un rayonnage tangentiel, la puissance est transmise par une moitié des rayons, les autres partant dans le mauvais sens, et les rayons encaissent et transmettent cette puissance longitudinalement. Un bon rayon aura donc une excellente résistance à l’allongement accompagnée d’une bonne élasticité transversale.

Les zones de contrainte des rayons sont leurs extrémités. C’est d’ailleurs à ces endroits que l’on constate les bris.

Les photos ci contres montrent deux rayons, l’un à section constante, l’autre à section réduite, renforcée dans les extrémités. L’intérêt est de réduire le poids et d’améliorer la pénétration dans l’air. Certains rayons ont même un profil aplati.

La roue, de 700, que nous allons monter ici aura un rayonnage tangentiel. Les rayons partiront vers la gauche et la droite, et par conséquent, se croiseront donc. On parlera de croisement à 3 ou à 4 selon le nombre de rayons de la même nappe que croisera un rayon. Plus un rayon sera tangentiel, plus il croisera, mais plus il devra être long. Pour notre exemple, le rayonnage sera croisé à 3.

Comme vos premières roues ne seront pas parfaites, nous vous conseillons de vous entraîner sur du matériel d’occasion. Sachez cependant qu’il sera plus facile de travailler sur du matériel neuf.

Avant de commencer, vérifier que vous avez à votre disposition :

  • une jante en bon état, sans traces de choc ou d’usure excessive; Vérifier que le nombre de trous est 37 (36 pour les rayons, plus 1 pour la valve); La jante peut être légèrement voilée, ce qui sera rattrapé au montage;
  • un moyeu avant en bon état, complet, et dont le nombre complet de trous est 36;
  • 36 rayons, qui rentrent bien dans les trous, avec leurs 36 écrous
  • une clef à rayon, bien calibrée pour ne pas abîmer les écrous
  • un tournevis à lame plate, 4mm.

Il est important de respecter l’ordre de montage et la position de chaque rayon. Une erreur peut obliger à tout défaire pour recommencer.
La photo n montre 2 moyeux. Sur celui de gauche, tous les trous sont chanfreinés, sur celui de droite, aucun.
Le chanfrein n’est pas fait pour accueillir la tête de rayon, mais au contraire la courbure du rayon après la tête. C’est un plus qui évite le cisaillage des rayons. Il existe aussi des moyeux sur lesquels un trou sur 2 est chanfreiné. Dans ce cas, faire attention à bien choisir le bon trou pour enfiler le premier rayon.


Rayonnage d’une roue Avant

Montage des rayons :

Plaçons le premier rayon. Il est possible de cliquer sur la photo 1 pour obtenir un agrandissement.

L’enfiler sur le moyeu tête à l’extérieur (détail photo 2). Placer l’autre extrémité du rayon dans le trou immédiatement à droite du trou de valve (détail photo 3). En regardant bien la photo 1, on voit que le trou à droite de la valve est plus bas que celui à gauche. Visser son écrou sur 2 ou 3 tours, pas plus.

A ce trou correspond donc un rayon venant du même coté du moyeu. Le trou de valve restera pendant tout le montage le repère du premier rayon.

Il est important de bien comprendre ceci, car les trous de rayon sont alignés sur 2 lignes sur la jante, une ligne pour les rayons partant d’un coté du moyeu, une autre ligne pour les rayons partant de l’autre joue du moyeu.

La photo 4 montre que les trous ne sont pas alignés sur une ligne unique, mais alternativement sur une ligne gauche puis droite (lignes représentées en rouge et bleu).

Cet alignement est moins évident sur la photo 4 bis, mais le placement des rayons est quand même à respecter. 4

Plaçons le 2ème rayon: l’enfiler sur le moyeux, toujours tête vers l’extérieur, à droite du premier rayon, en laissant un trou libre (photo 6).

Placer son extrémité coté jante à droite de celle du premier rayon, en laissant libres 3 trous (photo 7).

Placer ainsi les 7 autres rayons de la première nappe. Ne pas visser les écrous de plus de 3 tours.

Si tout va bien, le 9ème doit être à 4 trous d’écart du 1er (toujours 3 trous libres). Le résultat doit ressembler à celui de la photo 8.

La deuxième nappe de rayons se pose sur l’autre flasque de roue, et donc l’autre joue du moyeu.

Comme précédemment, porter son attention sur le placement des 2 premiers rayons.

En regardant le moyeu parallèlement à son axe, on voit que les trous ne sont pas alignés sur les 2 joues, mais décalés: le trou 1 marqué en rouge (photo 9) n’est pas en face du trou 1 bleu, mais entre ce dernier et son voisin.
Y placer le premier rayon de la deuxième nappe, toujours avec la tête de rayon orientée à l’extérieur.

Placer l’extrémité filetée de ce rayon dans le trou situé immédiatement à droite du premier rayon de la première nappe (en rouge sur la photo 11). Comme pour la première nappe, placer le deuxième rayon en laissant un trou libre coté moyeu, et en plaçant l’autre extrémité à droite du rayon correspondant de la nappe 1 (photo 12).

Monter le reste de la nappe 2 (photo 13).

En ayant toujours le coté de la deuxième nappe (rayons rouges) vers vous, prendre le moyeu et le forcer en rotation jusqu’à amener les rayons en butée, dans le sens des aiguilles d’une montre analogique (photos 14 et 15).

Pour faciliter le repérage, nous avons marqué avec un adhésif bleu l’emplacement de la valve, le premier rayon et le coté du moyeu qui correspond à la première nappe.

En ayant toujours le coté de la deuxième nappe (rayons rouges) vers vous, prendre le moyeu et le forcer en rotation jusqu’à amener les rayons en butée, dans le sens des aiguilles d’une montre analogique (photos 14 et 15).

Pour faciliter le repérage, nous avons marqué avec un adhésif bleu l’emplacement de la valve, le premier rayon et le coté du moyeu qui correspond à la première nappe.

Retourner la roue de façon à avoir la première nappe (bleue) vers soi.

Enfiler un rayon dans le moyeu, avec la tête de rayon à l’intérieur cette fois, dans un des trous libres. Sur la photo 16, le rayon 1 bleu foncé part à coté du rayon 2 bleu clair, mais il peut partir de n’importe quel trou.

L’incliner vers la gauche afin qu’il croise les rayons de la même nappe. Il doit croiser les 2 premiers rayons par dessus (ici, le 2 et le 1 bleu clair), et le troisième (le 9 bleu clair) par dessous. Les cercles en photo 17 montrent ces croisements.

Enfin, coté jante, il se fixera 2 trous à gauche du dernier rayon croisé, ici le 9 bleu clair (photo 18).

Continuer ainsi pour terminer la nappe 3.

La dernière nappe sera la plus facile: enfiler les rayons tête vers l’intérieur dans les trous restés libres, les faire croiser 3 rayons de la même nappe, 2 par dessus, le troisième par dessous, et les fixer sur la jante par le trou resté libre (photo 19).

Les rayons sont donc tous en place, mais la roue ne tourne pas rond. Visser tous les écrous avec le tournevis en laissant environ 1mm de filetage apparent (photo 20),Réglages de géométrie, voile et saut :Cette première phase demandait plus d’attention que de coup de main. La deuxième est plus ‘sensitive’ et empirique. Notre roue, brute de rayonnage, présente de gros défauts de géométrie: voile, excentrage, saut, dissymétrie dans le plan vertical.

Les techniques utilisées sont celles exposées dans les chapitres ‘dévoilage’ et ‘dé-sautage’, auxquels nous vous invitons à vous reporter. Avant cela, amenons tous les rayons à une tension équivalente, légère. L’erreur, ici, serait de visser chaque écrou indépendamment des autres. En partant du trou de valve, visser chaque écrou d’un tour, en vous servant de la clef à rayon. Si une majorité de rayons sont encore détendu, refaire un tour. Finalement, au senti, mettre en tension légère les quelques rayons encore détendus.

On a alors une roue avec tous les rayons d’égale tension, très imparfaite, mais prête pour les réglages. Commencer par un dévoilage très approximatif, puis un déssautage-centrage. Recommencer jusqu’à ce que la roue tourne rond.

Centrage vertical, massage et finitions :

Très probablement, il demeure un défaut: la roue n’est pas centrée dans son axe vertical. Se reporter au chapitre ‘Centrage vertical et massage de la roue’.

Avec l’expérience, le temps nécessaire au montage d’une roue diminuera. A moins de ne faire que cela, cette opération est longue, et souvent les vélocistes sous-traitent à un spécialiste.


Centrage d’une roue

Ces deux opérations ne sont utiles qu’après le rayonnage d’une roue, ou après le remplacement de plusieurs rayons. La roue doit avoir été préalablement dévoilée.
Le centrage d’une roue utilise la technique de mise en tension des rayons. Elle est identique à un dé-sautage appliqué à l’ensemble de la roue. Nous vous invitons donc à vous reporter à cette technique pour centrer la roue.

Massage d’une roue:

Le massage de la roue permet de roder plus rapidement la roue en lui faisant subir les contraintes du terrain en atelier. Les rayons et leurs écrous prennent ainsi leur place. En effet, sans ce massage, le dévoilage de la roue serait à reprendre à l’issue des premières sorties.

L’opération, un peu spectaculaire, est sans danger pour la roue. Poser la jante sur le bord de l’établi, ou d’une table, le bord opposé contre l’aine, et empoigner les cotés. Appuyer sur ces cotés.

La jante se déforme, faire attention à ne pas dépasser les limites d’élasticité de la jante afin de ne pas générer de déformation permanente. Tourner la roue d’un huitième de tour, et recommencer. Faire ainsi le tour complet de la roue, puis la retourner, et recommencer sur cette face.

Procéder à un nouveau dévoilage. La roue est maintenant prête à rouler.

Après quelques centaines de kilomètres, vérifier la présence de voile et au besoin affiner le dévoilage.


Remplacement d’une jante, sans rayonnage

Dans la page ‘rayonner une roue’, nous expliquons comment rayonner une roue à partir d’une jante, d’un moyeu et de rayons, en pièces. Cependant, on peut vouloir changer une jante, à la suite d’un choc, sans vouloir dé-rayonner puis re-rayonner cette roue. La technique exposée ici s’applique pour tout vélo, course, ville, VTC ou VTT, roue avant ou arrière, requière moins de technicité et de temps.

Comptez entre 30 minutes et une heure pour un échange, en fonction de votre expérience et de l’état des rayons, écrous et jante. Avant toute action, vérifier que la nouvelle jante est de même dimension que l’ancienne, et qu’elle ait le même nombre de rayons ! En effet, les roues à 36 rayons sont les plus courantes, mais il n’est pas rare de voir des roues à 32 rayons.

La première opération consiste à ligaturer les rayons entre eux avec un ruban adhésif. Les rayons d’un même coté sont ainsi attachés 2 à 2 à leur croisement.

Traiter les 2 faces. Vous devriez avoir 2 x 9 = 18 ligatures (ou 16 pour une roue à 32 rayons).

Ensuite, démonter pneu, chambre à air et fond de jante, puis dévisser tous les écrous de rayon. Comme on le voit sur la photo, l’ensemble des rayons conserve sa position. Tout cela semble facile, mais il existe un petit piège au remontage:

Comme expliqué dans la page ‘rayonner une roue’, les perforations de jante sont orientés différemment selon le coté du moyeu où sont attachés les rayons. Donc, il faut donc veiller à engager votre premier rayon, n’importe lequel, dans le bon type de trou. Si vous n’arrivez pas à déterminer lequel, posez votre roue à plat, repérez le trou de valve. Prenez un rayon partant du coté bas du moyeu, et enfilez-le dans le trou immédiatement à droite du trou de valve.

Ce premier rayon bien positionné, prendre le rayon auquel il est lié par le ruban adhésif et placez le 2 trous plus loin. 2 rayons partant du même coté ne peuvent pas être voisins sur la jante.

Une fois tous les rayons fixés, il reste à ‘régler’ la roue, c’est à dire à la centrer et à la dévoiler.


Remplacement d’un rayon cassé sur une roue de vélo

Causes de casse d’un rayon:

Le bris d’un rayon peut survenir lors d’un choc, d’une chute. Il peut aussi se produire lors d’une sortie sans événement particulier. La roue n’est pas posée au bout des rayons, mais tirée par chacun, comme le tablier d’un pont suspendu. Les rayons sont donc sous tension, une tension qui varie pour chacun dans le but d’aligner et de centrer la roue. Il doivent aussi transmettre la puissance de pédalage, et supporter le couple lors des freinages.

On peut aussi constater des bris de rayon sur des vélos neufs, dont le rayonnage a été mal réalisé.

Démontage du rayon cassé :

Retirer la roue, déposer le pneu, la chambre à air ainsi que le fond de jante. L’extrémité filetée du rayon est alors libre, la retirer. Il reste à retirer l’extrémité coudée du rayon. 3 cas se présentent :

  • la roue est une roue avant: pas de problème;
  • la roue est une roue arrière, et le rayon part du flasque de moyeu opposé aux pignons: pas de problème;
  • la roue est une roue arrière, mais le rayon part du flasque de moyeu coté pignons: le reliquat de rayon est prisonnier derrière les pignons;

Dans ce dernier cas, il faut impérativement démonter les pignons. Dans le deuxième cas, le démontage est conseillé pour placer plus facilement le nouveau rayon.

Choix d’un nouveau rayon:

Mesurer sur la roue la longueur d’un rayon de la même nappe que le rayon cassé. Le nouveau rayon devra avoir des caractéristiques identiques: longueur, diamètre, matériau. Le coût d’un rayon, avec son écrou, est faible, de l’ordre de 0,40 euro.

Montage du nouveau rayon :

Remonter le nouveau rayon en respectant le sens d’enfilement dans le moyeu (depuis l’extérieur ou l’intérieur), et son croisement avec les autres rayons (dessus-dessous). Ne pas forcer sur le rayon pour éviter une déformation permanente. Jouer sur sa souplesse. Une fois le filetage en place dans la jante, monter l’écrou et le visser à la main, puis donner un tour de clef à rayon.

A ce stade, il faut dévoiler la roue. En effet, l’absence d’un seul rayon suffit à générer un voile, et le nouveau rayon doit appliquer la même force sur la jante que l’ancien.

Enfin, remonter fond de jante, pneu puis chambre à air, mettre le tout au four thermostat 7 pendant 30 minutes. Ajouter 2 à 4 kilogrammes/cm2 d’air bien frais (jusqu’à 9 pour les vélos de course), et servir tiède, éventuellement accompagné d’un bon cru de Bordeaux.


Montage et Démontage d’un moyeu

Principe: Sur l’axe du moyeu se trouvent 2 cônes vissant qui appuient sur les billes. On agit sur le vissage de ces cônes pour régler de jeu de roulement. 2 contre-écrous évitent le dé-réglage du jeu.

Avant d’entreprendre toute intervention sur les moyeux, il faut avoir bien compris la notion de blocage par contre-écrou
Pour déterminer si le jeu est normal: sans démonter la roue, tirer sur le même rayon avec chaque index, en prenant appui sur les paumes; tirer d’un coté et de l’autre. Si la roue bouge, c’est qu’il y a du jeu.

Roue démontée, tourner l’axe à la main. S’il résiste, il a serrage, ou durcissement d’une graisse ancienne. En profiter pour vérifier si l’axe est tordu.
Les moyeux ne peuvent être lubrifiés sans Démontage. Il est stupide de les barbouiller de graisse par l’extérieur
éventuellement, pulvériser du dégrippant-lubrifiant pour fluidifier une graisse ancienne figée.

Matériel :

  • 2 clefs plates de 13, 14, 15, 16; Ces clefs, dites ‘à cône’, sont en tôles, réservées à cet usage,
  • Un étau,
  • De la graisse (pas d’huile, trop fluide).

Démontage :

  1. Retirer la roue du vélo. Retirer complètement les papillons, écrous ou serrages rapides.
  2. Opérer du coté gauche de la roue si c’est la roue arrière (coté opposé aux pignons);
    pour la roue avant, c’est indifférent;

  3. Avec les clefs en tôle, simultanément, dévisser le contre-écrou en maintenant l’écrou de cône;

  4. Une fois les 2 écrous désolidarisés, les dévisser complètement (attention aux billes, qui vont tomber), retirer aussi les rondelles anti-friction;
  5. Retirer l’axe par l’autre coté,
  6. Récupérer les billes (2 lots de 9 billes).

Cas particulier:

Sur certains VTT, les moyeux ont une protection supplémentaire contre l’intrusion d’eau ou de saleté. Il s’agit d’une bague en alu entourant un joint en caoutchouc. Les deux se retirent par simple translation.


A partir de l’axe nu, visser l’écrou cône et le contre-écrou du coté des pignons; les solidariser en dévissant l’écrou de cône et en vissant le contre-écrou; la difficulté consiste à déterminer à quelle distance du bout de l’axe les placer.
Remontage :

  1. Graisser la cuvette droite,
  2. Placer 9 billes, en bon état ou neuves, dans la cuvette. La graisse ‘colle’ les bille le temps de placer l’axe.
  3. L’axe mis en place, vérifier que la longueur dépassant des pignons est correcte.
  4. Retirer doucement l’axe,
  5. Graisser la cuvette gauche,
  6. Placer 9 billes,
  7. Remettre l’axe en butée,
  8. Du coté gauche, visser écrou-cône et contre-écrou sans serrer.

Cette photo montre une façon erronée de faire le blocage coté pignon: en effet, la clef de droite serre un écrou utilisé comme entretoise, alors qu’une deuxième clef en tôle aurait du être utilisée sur le contre-écrou que l’on aperçoit entre les 3 rondelles d’entretoise et la rondelle anti-friction.


Réglage d’un moyeu

Avant tout réglage, s’assurer que le coté opposé à celui ou se fera le réglage est bien bloqué.

Le réglage du jeu se fait par le principe du blocage par contre-écrou. Or, sur un moyeu, contrairement aux jeux de direction ou de pédalier, le jeu peut se régler aux 2 extrémités. En fait, on fera ce réglage d’un coté, l’autre devant avoir été bien bloqué auparavant.

Dans le cas d’une roue arrière, on choisira de bloquer ‘fort’ du coté pignons, moins accessible, et de faire les réglages confortablement de l’autre.

Pour cela, retirer complètement les écrous et rondelles coté opposé aux pignons, coulisser sur 3 cm l’axe, en faisant attention de ne pas perdre de billes. L’écrou-cône et son contre-écrou sont alors apparents; à l’aide de 2 clefs en tôle, les serrer fortement.
Pour une roue avant, faire de même, peu importe le coté.

  • Poser la roue horizontalement sur l’étau, (pignons vers le bas)
  • Serrer, sans forcer, l’écrou
  • Visser l’écrou-cône contre les billes, pour obtenir le bon réglage du roulement,
  • Solidariser écrou et contre-écrou, en les serrant l’un contre l’autre
  • Démonter la roue de l’étau, et tourner l’axe à la main; il doit tourner librement sans jeu; s’il y a du jeu, ou un serrage, recommencer l’opération.

Pourquoi ne pas tester le jeu en faisant tourner la roue sans la démonter de l’étau ? Le couple important du au diamètre de la roue fait que l’on ne sent pas le serrage du jeu. C’est pourquoi il faut tester le jeu en tournant l’axe entre les doigts. Cela permet également de déceler un ou des points durs: ceci signifie que le chemin de roulement des billes, la cuvette, est ‘marqué’. Cette altération n’est pas récupérable.

La méthode empirique de réglage du jeu est une affaire de doigté. Serrer progressivement les billes jusqu’au serrage optimal. Attention de ne pas presser trop fort les billes, ce qui aurait pour effet de marquer les cuvettes.

Certains vélos, assemblés un peu rapidement, vendus en grandes surfaces, ont des réglages parfois fantaisistes; il m’est arrivé de voir un VTT dont une cuvette était percée au bout de 2 sorties. Le réglage était trop serré. Pourtant, la roue semblait tourner librement sur son axe. Une fois démontée, il était impossible de tourner l’axe à la main.

Il est par contre normal qu’un jeu léger apparaisse au bout de quelques semaines d’utilisation, période de ‘rodage’. Tout vélociste sérieux propose une visite gratuite pour vérifier tous les jeux.